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L'École des femmes

L'École des femmes

  • Ven. 16 nov. à 20 h 30 + autres dates
  • Théâtre Municipal Raymond Devos - Tourcoing

C’est un rêve qui se réalise pour Jean-Marc Chotteau : pouvoir monter L’École des femmes de Molière, la pièce qui connut du vivant de Molière le plus considérable de ses succès, malgré la haine qu’elle suscita chez les religieux et les critiques des pisse-froid moralistes. Qu’importe, « les rieurs sont de mon côté » leur répondit Molière. Oui, la pièce fait rire, et encore aujourd’hui. Mais comme les autres « grandes comédies » de Molière, elle nous provoque et fascine par sa clairvoyance, son audace et sa modernité. Plus que jamais, à notre époque des #metoo et #balancetonporc, sa dénonciation implacable de la misogynie et de la soumission féminine devait, pour Jean-Marc Chotteau, se faire entendre auprès du plus vaste public. C’est cela qui le détermina à mettre en scène ce chef d’œuvre et à endosser, aux côtés d’une solide distribution de huit acteurs, le rôle d’Arnolphe, qu’il voit à la fois ridicule et pathétique. Maladivement obsédé par l’idée du cocuage, ce vieux barbon a fait élever à l’écart du monde, dans un couvent et l’ignorance la plus totale, une jeune fille au nom d’Agnès, qu’il veut épouser. La précaution s’avèrera vite inutile et la comédie prendra sublimement des allures de tragédie.

Note d’intention du metteur en scène :

« Il est des rôles que tout acteur souhaite, me semble-t-il, incarner. Pour moi, Arnolphe faisait depuis longtemps partie de ceux-là. Déjà au Conservatoire il me faisait rêver. Mais il me fallait attendre quelques dizaines d’années pour pouvoir approcher l’interprétation de ce vieux barbon séquestrant une jeune fille d’au moins vingt ans sa cadette, différence d’âge qui était celle-là même de Molière et d’Armande, sa très jeune femme, qui interprétait Agnès auprès de lui, qui était Arnolphe. Sans nul doute Molière devait connaître à la fois les transports du jeune et séduisant Horace, dont Agnès tombe innocemment amoureuse, et les affres de la jalousie du bourgeois tyrannique. C’est cet aspect autobiographique, qui confère au rôle son ambivalence, sa complexité, son jeu qui oscille du plus parfait ridicule au pathétique le plus profond… Quel régal !

Mais le seul plaisir de jouer un tel personnage ne suffit pas à décider un metteur en scène. Il lui faut d’autres motivations, moins personnelles, liées aux émotions, aux rires, en un mot au plaisir que la pièce suscitera chez le public, mais surtout aux questions qu’elle éveillera chez lui, sur son temps, sur ses mœurs, ses passions ou ses colères.

Et, sans nul doute, L’École des femmes se fait entendre aujourd’hui comme jamais. Voilà donc 356 ans, un homme de génie de 42 ans nommé Jean-Baptiste Poquelin se mit à rire de ses propres tourments conjugaux mais surtout de lui-même, en dénonçant l’état de servitude où les hommes, imprégnés d’une conception patriarcale du mariage, ont tendance à tenir leurs femmes, faisant d’elles leur objet, leur possession, craignant qu’elles ne s’émancipent, s’instruisent, ou se rebellent. En écrivant et en jouant Arnolphe, Molière le « balance » sans ménagement aux yeux de son public, qui s’esclaffa, s’indigna et, certainement, pensa tout bas ce qui ne s’écrivait pas encore « hashtag moi aussi »…

Il est temps de ne plus penser tout bas et de parler haut. Molière le fait et ma mise en scène veut s’en faire l’écho, sans gommer le poids encore tristement actuel des religions comme freins à l’émancipation féminine. N’est-ce pas sur le modèle des dix commandements, que Dieu édicte à l’attention du peuple Hébreu, qu’Arnolphe fait lire à Agnès son catéchisme du mariage ? N’emploie-t-il pas le langage du terroriste quand il promet l’enfer et ses « chaudières bouillantes où l’on plonge à jamais les femmes mal vivantes » ?

Mais, pour servir au plus haut niveau d’exigence ce chef d’œuvre, encore fallait-il répondre à une autre exigence : celle de pouvoir s’entourer d’une équipe solide, brillante oserai-je dire, capable de saisir au plus profond la pensée de Molière, de dire ses alexandrins dans un respect formel qui n’exclut pas le souci de le faire entendre à un public d’aujourd’hui, de se sentir à l’aise dans le basculement incessant de séquences franchement comiques et d’autres aux accents tragiques.

J’ai trouvé cette équipe, comédiens, scénographe, éclairagiste, et je peux donc oser m’attaquer à ce monument de l’histoire du théâtre français dont j’ai eu la chance de voir ou d’entendre une multitude d’interprétations aussi différentes que celles de Jouvet, Roussillon, Galabru, Vitez, Bezace, Schiaretti… Sans avoir la prétention d’ajouter la mienne à une longue liste de noms prestigieux, je veux désormais apporter sur cette pièce mon propre regard, celui d’un homme reconnaissant vis-à-vis de celui qui ouvrit la voie à ce théâtre « qui corrige les mœurs en faisant rire » et toucher : Molière. »

Jean-Marc Chotteau

À partir de 8,00 €

+ frais de loc.

L'École des femmes

L'École des femmes

  • Mer. 28 nov. à 19 h 30 + autres dates
  • Centre Marius Staquet, Mouscron - Mouscron

C’est un rêve qui se réalise pour Jean-Marc Chotteau : pouvoir monter L’École des femmes de Molière, la pièce qui connut du vivant de Molière le plus considérable de ses succès, malgré la haine qu’elle suscita chez les religieux et les critiques des pisse-froid moralistes. Qu’importe, « les rieurs sont de mon côté » leur répondit Molière. Oui, la pièce fait rire, et encore aujourd’hui. Mais comme les autres « grandes comédies » de Molière, elle nous provoque et fascine par sa clairvoyance, son audace et sa modernité. Plus que jamais, à notre époque des #metoo et #balancetonporc, sa dénonciation implacable de la misogynie et de la soumission féminine devait, pour Jean-Marc Chotteau, se faire entendre auprès du plus vaste public. C’est cela qui le détermina à mettre en scène ce chef d’œuvre et à endosser, aux côtés d’une solide distribution de huit acteurs, le rôle d’Arnolphe, qu’il voit à la fois ridicule et pathétique. Maladivement obsédé par l’idée du cocuage, ce vieux barbon a fait élever à l’écart du monde, dans un couvent et l’ignorance la plus totale, une jeune fille au nom d’Agnès, qu’il veut épouser. La précaution s’avèrera vite inutile et la comédie prendra sublimement des allures de tragédie.

Note d’intention du metteur en scène :

« Il est des rôles que tout acteur souhaite, me semble-t-il, incarner. Pour moi, Arnolphe faisait depuis longtemps partie de ceux-là. Déjà au Conservatoire il me faisait rêver. Mais il me fallait attendre quelques dizaines d’années pour pouvoir approcher l’interprétation de ce vieux barbon séquestrant une jeune fille d’au moins vingt ans sa cadette, différence d’âge qui était celle-là même de Molière et d’Armande, sa très jeune femme, qui interprétait Agnès auprès de lui, qui était Arnolphe. Sans nul doute Molière devait connaître à la fois les transports du jeune et séduisant Horace, dont Agnès tombe innocemment amoureuse, et les affres de la jalousie du bourgeois tyrannique. C’est cet aspect autobiographique, qui confère au rôle son ambivalence, sa complexité, son jeu qui oscille du plus parfait ridicule au pathétique le plus profond… Quel régal !

Mais le seul plaisir de jouer un tel personnage ne suffit pas à décider un metteur en scène. Il lui faut d’autres motivations, moins personnelles, liées aux émotions, aux rires, en un mot au plaisir que la pièce suscitera chez le public, mais surtout aux questions qu’elle éveillera chez lui, sur son temps, sur ses mœurs, ses passions ou ses colères.

Et, sans nul doute, L’École des femmes se fait entendre aujourd’hui comme jamais. Voilà donc 356 ans, un homme de génie de 42 ans nommé Jean-Baptiste Poquelin se mit à rire de ses propres tourments conjugaux mais surtout de lui-même, en dénonçant l’état de servitude où les hommes, imprégnés d’une conception patriarcale du mariage, ont tendance à tenir leurs femmes, faisant d’elles leur objet, leur possession, craignant qu’elles ne s’émancipent, s’instruisent, ou se rebellent. En écrivant et en jouant Arnolphe, Molière le « balance » sans ménagement aux yeux de son public, qui s’esclaffa, s’indigna et, certainement, pensa tout bas ce qui ne s’écrivait pas encore « hashtag moi aussi »…

Il est temps de ne plus penser tout bas et de parler haut. Molière le fait et ma mise en scène veut s’en faire l’écho, sans gommer le poids encore tristement actuel des religions comme freins à l’émancipation féminine. N’est-ce pas sur le modèle des dix commandements, que Dieu édicte à l’attention du peuple Hébreu, qu’Arnolphe fait lire à Agnès son catéchisme du mariage ? N’emploie-t-il pas le langage du terroriste quand il promet l’enfer et ses « chaudières bouillantes où l’on plonge à jamais les femmes mal vivantes » ?

Mais, pour servir au plus haut niveau d’exigence ce chef d’œuvre, encore fallait-il répondre à une autre exigence : celle de pouvoir s’entourer d’une équipe solide, brillante oserai-je dire, capable de saisir au plus profond la pensée de Molière, de dire ses alexandrins dans un respect formel qui n’exclut pas le souci de le faire entendre à un public d’aujourd’hui, de se sentir à l’aise dans le basculement incessant de séquences franchement comiques et d’autres aux accents tragiques.

J’ai trouvé cette équipe, comédiens, scénographe, éclairagiste, et je peux donc oser m’attaquer à ce monument de l’histoire du théâtre français dont j’ai eu la chance de voir ou d’entendre une multitude d’interprétations aussi différentes que celles de Jouvet, Roussillon, Galabru, Vitez, Bezace, Schiaretti… Sans avoir la prétention d’ajouter la mienne à une longue liste de noms prestigieux, je veux désormais apporter sur cette pièce mon propre regard, celui d’un homme reconnaissant vis-à-vis de celui qui ouvrit la voie à ce théâtre « qui corrige les mœurs en faisant rire » et toucher : Molière. »

Jean-Marc Chotteau

À partir de 8,00 €

+ frais de loc.

Is there life on mars ?

Is there life on mars ?

  • Mer. 12 déc. à 19 h 30 + autres dates
  • Centre Marius Staquet, Mouscron - Mouscron

-a-t-il une vie sur Mars ? sonne comme une question existentielle : Y a-t-il une autre forme d’existence, une autre façon d’être au monde ?

La nouvelle création d’Héloïse Meire (découverte par La Virgule en 2010 lors du festival Les Eurotopiques) se présente comme un voyage dans l’univers déroutant de l’autisme. La metteuse en scène a rencontré et interviewé de nombreuses personnes autistes et leur entourage. Son spectacle drôle et émouvant leur donne la parole. Comment rendre compte de ces vécus multiples et complexes, souvent méconnus. Porté par quatre comédiens, Is there life on Mars ? explore le spectre autistique, non seulement par des mots mais aussi par une mise en scène visuelle et sonore décalée, nous entraînant peu à peu dans une autre perception du réel. Une expérience théâtrale à l’image des personnes autistes qui bousculent en permanence les codes que nous connaissons et nous confrontent à nos propres modes de fonctionnement.

La presse en parle

Superbe création. Un spectacle poétique et troublant, important. La Libre Belgique

Un spectacle formidable sur l’autisme, certainement l’un des plus forts de cette année ! RTBF / Entrez sans frapper

Mémorable voyage en Autistan. Foncez-y ! Le Soir

Un spectacle édifiant, émouvant et beau. L’Écho

À partir de 8,00 €

+ frais de loc.

Mimoun et Zatopek

Mimoun et Zatopek

  • Jeu. 17 janv. à 19 h 30 + autres dates
  • Centre Marius Staquet, Mouscron - Mouscron

Après Mon Oncle est reporter, Métropole et Un incident, Vincent Farasse présente une quatrième pièce qu’il a écrite et mise en scène. Mimoun et Zatopek sera le dernier spectacle présenté par la Compagnie Azdak dans le cadre du compagnonnage avec La Virgule, dispositif soutenu par le Ministère de la Culture - DRAC Hauts-de-France. Seul sur la scène du Centre Marius Staquet, Ali Esmili campera le personnage d’un ouvrier des usines Renault, qui, un soir d’occupation de l’usine, revient sur sa jeunesse. Parmi les figures qui l’ont aidé à se construire, deux personnages légendaires de l’après-guerre, deux champions de la course à pied : Alain Mimoun et Emil Zatopek. Au fil de ce récit intime et historique, les souvenirs se mélangent, les époques aussi, des stades aux usines, de la reconstruction de l’après-guerre à l’essoufflement du modèle communiste. Une vie entre Mimoun et Zatopek.

Milieu des années 70. Suite à une menace de suppression de postes, Karim, ouvrier mécanicien, occupe son usine. C’est la nuit. Il repense à sa première action militante. C’était l’année 47, l’année de ses quinze ans. L’année où, arrivé en France, il trouve un travail dans les usines Renault à Boulogne-Billancourt et dort dans les baraquements de Saint-Denis. L’année de la grande grève. L’année où Mimoun devient champion de France des 5 et 10000 mètres. L’année où Joseph l’inscrit à la course junior du cross de l’humanité. L’année où il rencontre Angèle. L’année où Jules Moch, ministre SFIO, fait tirer sur les mineurs. L’année où Zatopek gagne sa première course internationale aux jeux interalliés de Berlin, avalant 5000 mètres en 14 minutes 31. Les souvenirs se mélangent, de l’année 47 au milieu des années 70. L’histoire d’un ouvrier. L’histoire d’un sport, et de deux athlètes d’exception. L’histoire d’une société qui change.

Le projet de ce spectacle est né d’une rencontre, celle entre Ali Esmili, comédien (Métropole), et Bouabdellah Tahri, figure messine de l’athlétisme, plusieurs fois champion de France et d’Europe du 3000m steeple. Les deux hommes se parlent, s’écoutent. Des analogies apparaissent entre leurs deux métiers : des métiers-passions d’abord, un même outil : le corps, un nécessaire dépassement de soi, et, en récompense, l’ouverture de nombreux horizons, ceux de l’imagination et ceux de sa propre condition sociale. Ali Esmili demande à son ami Vincent Farasse d’écrire sur cet univers du sport. L’auteur et metteur en scène écrit alors une pièce-performance pour l’acteur, un seul en scène qui embrasse également les thématiques récurrentes dans son travail : la mise en question de la réalité du progrès social, l’imaginaire et l’intime dans leur articulation avec le monde du travail, les idéaux à l’épreuve du quotidien. Les figures historiques, Mimoun et Zatopek, lui reviennent en tête. Deux adversaires et amis sur la piste. Deux marathoniens qui restent toujours debout à la fin de leur course. Deux héros pour de nombreux amateurs de sport. Deux figures de proue d’idéologies rivales, celle du modèle soviétique triomphant pour Zatopek, celle du Gaullisme pour Mimoun, héros de la Résistance et figure positive de la colonisation française. Deux destins liés à la grande histoire parfois à leurs risques et périls.

Dirigé par Vincent Farasse vers une prise de parole vivante, au présent, tout en menant un travail sur la situation, celle de l’occupation d’une usine suggérée par les lumières, Ali Esmili incarnera un ouvrier qui revient sur sa jeunesse perpétuellement tiraillée entre ces deux héros « qui ne se couchent jamais », lui qui, aujourd’hui pris dans une grève voit le héros tchèque déclassé après un procès politique, et le mythe gaulliste s’éteindre dans le centrisme libéral.

À partir de 8,00 €

+ frais de loc.

BULL

BULL

  • Sam. 26 janv. à 17 h + autres dates
  • La Virgule, Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Mouscron-Tourcoing - Tourcoing

Les équipes lilloises de Grand Boucan (Bruno Tuchszer et Carine Bouquillon) et Anyone else but you (Bruno Buffoli) s’associent pour présenter une comédie de Mike Bartlett, auteur parmi les plus joués et les plus reconnus outre-Manche et outre-Atlantique. BULL, pièce contemporaine sur le monde impitoyable de l’entreprise, est avant tout une comédie mordante, écrite dans le respect des grandes règles classiques : l’unité de lieu, de temps et d’action. Réunis dans une même salle d’attente, trois cadres commerciaux d’une même équipe, mais placés en situation de rivaux, attendent et gèrent leur angoisse en s’en prenant les uns aux autres…

Isobel, Thomas, Tony forment une équipe de trois cadres commerciaux, travaillant dans l’une des nombreuses sociétés dirigées par Carter. On ne sait pas ce qu’ils vendent, cela n’a aucune importance. Cela pourrait être du cacao, des produits financiers, des sociétés offshores, ou des profilés alu, tout ce qui compte c’est de faire de l’argent, de maximiser les profits. Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’aujourd’hui Carter les a réunis à une heure précise pour faire un point, et que tous sont là. Prêts, affublés de leur plus beau costume, nerveux, ils attendent. Dans cet endroit clos et impersonnel, ils s’observent et se jaugent. La meilleure défense étant l’attaque, chacun avance ses pions avec prudence, voit comment l’adversaire réagit, se positionne, puis cherche un allié. Livrer quoi que ce soit de personnel pourrait se retourner contre soi. Alors on ment, sur soi, son enfance, sa famille, ses relations avec les collègues, jusqu’à ce que quelqu’un trébuche : ce sera lui la tête de turc. Sans méchanceté, juste un peu de cynisme pour égayer la dure réalité des lois de la meute. Quelqu’un doit mourir.

BULL est une mise à mort. Et d’ailleurs, qui est le taureau du titre ? Est-ce Thomas, victime désignée pour l’abattage dans cette arène entrepreneuriale, cible de toutes les humiliations et qu’il convient de toucher en plein dans le mille, in the bull’s eye ? Est-ce Tony, le mâle alpha, l’armoire à glace, le malabar (the bull également), qui a sucé au berceau le lait de l’aisance et de la domination ? Est-ce Isobel, froide et manipulatrice, prête à tous les mensonges (bullshit) pour assouvir sa soif d’ascension ? Est-ce Carter, chantre d’un impitoyable darwinisme social qui sacrifie les moins forts sur l’autel de la croissance et des marchés en hausse (bull market) ?

Compagnons de jeu à de nombreuses reprises, mais s’associant pour la première fois sur un projet commun, Carine Bouquillon, Bruno Tuchszer et Bruno Buffoli invitent les spectateurs à la rencontre de l’une des pièces de Mike Bartlett, dramaturge britannique parmi les plus connus et les plus brillants de sa génération, mais surtout grand auteur comique. Les trois metteurs en scène et comédiens, accompagnés sur scène d’un quatrième, donneront cette joute oratoire dans une grande précision physique, comme l’art de la vente et du commerce - et celui de la comédie - l’exige. C’est bien le rire que recherche la mise en scène. Pas un rire de fuite ou d’oubli agréable et momentané du réel. Le rire comme émotion, la plus noble de toutes peut-être et l’une des plus nécessaires à partager. Le rire comme défouloir cathartique d’une part mais aussi comme processus d’intégration dans une communauté. Les spectateurs de BULL voyagent donc dans les strates du rire. Tantôt complices volontaires des personnages dans leur minutieuse entreprise d’humiliation, tantôt partageant le regard de l’auteur, qui dépeint avec férocité un monde du travail devenu impitoyable, un monde où le choix se résume à la réussite ou à la disparition.

À partir de 8,00 €

+ frais de loc.

La Solitude du mammouth

La Solitude du mammouth

  • Mer. 13 mars 2019 à 19 h 30 + autres dates
  • La Virgule, Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Mouscron-Tourcoing - Tourcoing

C’est l’histoire d’une femme de quarante ans qui a consacré toute son énergie à sa famille - elle a deux enfants - et qui voit son mari partir en scooter pour une plus jeune de quinze ans, aux jambes interminables et aux seins généreux. C’est l’histoire d’une femme qui a du mal à avaler ça et qui veut donner une sacrée leçon à son mari en cherchant un mafieux albanais pour arranger le portrait de l’homme qu’elle a tant aimé. Finalement, elle se plonge dans les manuels de psychologie et, découvrant les théories de Paul Watzlawick, décide de faire justice elle-même. C’est l’histoire d’une femme pas déprimée du tout qui va rendre impossible la vie du fugueur en scooter. Un monologue drôle, cruel et déjanté évoquant la colère intérieure, le désir de vengeance, et la faculté de sublimer les émotions les plus profondes.

Après STIB en 2011, Geneviève Damas, auteure, interprète de ses propres textes, revient au Salon de Théâtre pour y présenter, seule en scène, une pièce drôle et cruelle, sur la vengeance d’une femme quittée. Elle avait d’abord envisagé de créer un troisième volet aux aventures de Molly, le personnage qui lui a offert ses premiers succès (Molly à vélo, Molly au Château). Mais son envie profonde était d’aller vers un personnage moins idéaliste et naïf que Molly, un personnage qui peut franchir les limites. C’est le cas de Bérénice, l’héroïne de La Solitude du mammouth. Une femme blessée quand son mari la quitte. Une femme qui, dans cette soudaine solitude affective, fomente une vengeance aussi cruelle que drôle. Ce texte est un grand cri de rage et d’amour qui dérape dans un délire extravagant, jubilatoire et politiquement incorrect !

Du personnage de Bérénice, on aurait pu aisément faire une caricature. Emmanuel Dekoninck, à qui Geneviève Damas a confié son texte pour la diriger sur scène, a préféré demander à sa comédienne un jeu plus réaliste. Bérénice est une femme qui a cru que si l’on est gentil, généreux, altruiste, rien ne va nous arriver. Son quotidien n’est ni simple, ni joyeux, « Béré » n’est pas une femme épanouie. Quand brutalement son mari la quitte, elle perd pied et se dit que la violence qu’elle subit, la société la cautionne. Face à ce terrible sentiment d’arbitraire, sa seule survie psychique est de se faire réparation. Alors, elle se réveille, se transforme… et se révolte.

« C’est quelque chose de penser qu’un jour on va disparaître et que le monde poursuivra sa course ronde. On croit sa vie solide et un beau matin on réalise qu’elle ne tient qu’à un fil : une bulle d’air, un caillot, un caillou, une fissure, des villages entiers disparaissent en une fraction de seconde, des avions explosent en plein vol, des bateaux chavirent. Vous êtes rayé de la carte et le reste du monde continue pourtant à aller de l’avant. Je trouve cette absence de mémoire d’une injustice fondamentale. Comme pour les mammouths. L’humanité leur doit tellement. Ils nous ont tout donné, leurs défenses, leur peau, leurs os, leur graisse, leurs poils et qu’est-ce que l’humanité a fait pour eux lorsque le froid est arrivé ? Nada. Elle les a laissé sombrer dans l’ère glaciaire. Et quand il m’a dit « Bérénice, j’ai rencontré quelqu’un », comme le Mammouth j’ai senti la terre se refroidir, quelque chose qui vous paralyse insensiblement. Au début je me suis dit, ça va aller, j’en ai déjà vu des vertes et des pas mûres, comme le Mammouth avec tous ses poils, toute sa graisse, rien ne peut m’arriver, et j’ai pensé, Béré, il faut que tu restes digne, Brice a quelque chose à te dire, quelque chose d’important, tant qu’il y a des mots, il y a de l’espoir et comme le mammifère du Pléistocène inférieur, je suis restée là, immobile, souriante, stupide à croire que j’allais m’en sortir, regardant Brice me parler de Mélanie, cette jeune étudiante de 22 ans si prometteuse, si sympathique, Mélanie qui était même venue garder nos enfants un soir. »

Geneviève Damas, extrait de La Solitude du mammouth

À partir de 8,00 €

+ frais de loc.

L'Éloge de la Folie

L'Éloge de la Folie

  • Mer. 3 avril 2019 à 19 h 30 + autres dates
  • Centre Marius Staquet, Mouscron - Mouscron

Voilà un texte que, depuis 20 ans, et chaque année, Jean-Marc Chotteau fait voyager de scènes en scènes à travers la France et l’Europe. À la demande de nombreux spectateurs qui souhaitaient le revoir ou le découvrir, il n’a pas résisté, en cette saison anniversaire, à l’envie de le programmer à nouveau, pour deux représentations exceptionnelles, hors-abonnement. Au-delà de la performance virtuose du comédien et de la justesse des choix de mise en scène et d’adaptation, le succès du spectacle vient sans nul doute de l’indiscutable modernité et pertinence du très impertinent texte d’Érasme. Éloge impitoyablement critique de nos mœurs, de nos croyances et de nos mensonges, d’autant plus efficace qu’il utilise l’arme du rire.

Bien qu’écrit en latin, en 1509, l’Éloge n’a rien perdu au cours des siècles de sa force comique et corrosive. Et Jean-Marc Chotteau n’a d’ailleurs eu nul besoin, en l’adaptant pour le théâtre, d’inventer quelque rajout que ce soit pour en faire ressortir l’actualité. Car, en s’adressant à des spectateurs imaginaires pour fustiger, sous l’apparence habile d’une glorification, toute la part de folie du monde (celle des amou¬reux, des enfants, des vieillards, des professeurs, des rois, des juges, des militaires, des religieux, des médecins et... des artistes), Érasme nous parle encore, aujourd’hui, d’aujourd’hui.

Lumineuse audace, Chotteau joue Dame Folie en travesti. Mais n’était-ce pas la démarche d’Érasme lui-même, lorsqu’à la fin de son sermon (dont la dangereuse insolence aurait pu le conduire au bûcher comme un Giordano Bruno), il conclut perfidement, comme pour se disculper : « n’oubliez pas que c’est la Folie qui vous parlait et qu’elle vous parlait... en femme ! » ?

Cet Éloge de la Folie devient alors un vibrant hommage au théâtre, vu, dans l’adaptation proposée, comme cette part de comé¬die nécessaire que notre monde doit se donner pour survivre à une désespérante lucidité : « Il n’y a partout, s’exclame Folie, que du travesti, et c’est ainsi que se joue la comédie humaine ».

S’efforçant de rester strictement fidèle - avec quelques coupures - au texte d’Érasme, la mise en scène n’a pris d’autre liberté que celle de la transposition. Sous les traits extravagants de Dame Folie, le personnage joué par Jean-Marc Chotteau est, en fait, celui d’un comédien qui achève, dans sa loge, une ultime répétition du texte d’Érasme avant d’entrer en scène. Il n’y montera qu’après avoir achevé, par le maquillage et l’exubérance de son costume de reine de carnaval, son incarnation de la Folie. Ce sera alors, le rideau une fois ouvert, la quête de l’extase ultime, ce don de soi quasi mystique qui fait ressembler si fort l’artiste, celui qui « s’abandonne au public », au chrétien, ce fou suprême selon Érasme, celui dont l’esprit est « tout entier dans l’Être qu’il aime »...

Jean-Marc Chotteau vous invite à démasquer en sa compagnie la pensée subversive d’un théologien qui eut l’habileté et l’intelligence de se dissimuler sous des jupons de dentelle et de dérision pour nous faire mieux entendre nos quatre vérités. Prudence tout aussi nécessaire aujourd’hui qu’au seizième siècle, quand il s’agit de convaincre, fût-ce dans une feinte déraison, des raisons du doute et de la révolte contre les tristes dogmes et les dangereuses certitudes...

Car L’Éloge de la Folie c’est l’invitation à une vigilante tolérance dans notre monde d’intégrismes en tout genre, dans une parole travestie, pas cachée, pour que tombent les tabous et renaissent les pensées libres.

À partir de 8,00 €

+ frais de loc.

Les Carnets du sous-sol

Les Carnets du sous-sol

  • Mar. 14 mai 2019 à 20 h 30 + autres dates
  • La Virgule, Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Mouscron-Tourcoing - Tourcoing

Benoît Verhaert, comédien et metteur en scène incontournable de la scène théâtrale belge, signe l’adaptation d’une nouvelle méconnue de Dostoïevski qu’André Gide considérait pourtant comme la clé de voûte de l’œuvre de l’écrivain russe. Accompagné sur scène par Céline Peret, Benoît Verhaert déploie une énergie étourdissante dans l’interprétation juste et saisissante d’un personnage rageur, tourmenté et bourré de contradictions. Un spectacle intimiste, invitant les spectateurs à observer de très près l’étrange personnage de Dostoïevski dans le lieu retiré où il a choisi de se vivre. Dans une scénographie qui réservera aux habitués de Salon de Théâtre - et aux autres - une énorme surprise.

Souffrant d’une misanthropie pathologique, un homme s’est retiré du monde. Depuis vingt ans dans sa cave, cet homme-rat ressasse sans cesse le souvenir des échecs de sa vie…

« Je suis un homme malade… Je suis un homme méchant. Un homme repoussant, voilà ce que je suis. Je crois que j’ai quelque chose au foie. De toute façon, ma maladie, je n’y comprends rien, j’ignore au juste ce qui me fait mal. Je ne me soigne pas, je ne me suis jamais soigné, même si je respecte la médecine et les docteurs. En plus, je suis superstitieux comme ce n’est pas permis ; enfin, assez pour respecter la médecine. Je suis suffisamment instruit pour ne pas être superstitieux, mais je suis superstitieux. Oui, c’est par méchanceté que je ne me soigne pas. Ça, Messieurs, je parie que c’est une chose que vous ne comprenez pas. Moi, si ! Évidemment, je ne saurais vous expliquer à qui je fais une crasse quand j’obéis à ma méchanceté de cette façon-là ; je sais parfaitement que ce ne sont pas les docteurs que j’emmerde en refusant de me soigner ; je suis le mieux placé pour savoir que ça ne peut faire du tort qu’à moi seul et à personne d’autre. Et, malgré tout, si je ne me soigne pas, c’est par méchanceté. J’ai mal au foie. Tant mieux, qu’il me fasse encore plus mal !.. »

Spécialement conçu pour La Virgule, le décor surprenant des Carnets du sous-sol, plongera littéralement les spectateurs dans l’antre de ce fonctionnaire démissionnaire qui rumine les échecs de sa vie. Reclus, l’homme tempête contre ses congénères, contre les supérieurs et les anciens camarades qui se plaisaient à l’humilier, mais il blâme surtout sa propre lâcheté qui l’empêcha de leur répondre. Il est hanté par le souvenir de Liza, une femme qu’il a essayé d’aimer, une prostituée qu’il a tenté de faire changer de vie… Son spleen se mue souvent en un torrent de haine. Prisonnier de ses obsessions, l’homme se complait entre le lit où il se morfond, le bureau où il déverse sur papier le spleen qui lui détruit le foie, et le tapis de course qui lui sert de défouloir. Ce personnage excessif, tout en contradictions, offre à Benoît Verhaert la partition d’un rôle entre performance physique et intériorisation de maux inextricables. Face à lui, Céline Peret par sa beauté froide et diaphane, sa voix délicate, offre un beau contraste avec la véhémence de ce fauve.

À partir de 8,00 €

+ frais de loc.

Concerto pour deux clowns

Concerto pour deux clowns

  • Mer. 19 juin 2019 à 19 h 30 + autres dates
  • Théâtre Municipal Raymond Devos - Tourcoing

En accueillant Les Rois Vagabonds, qui ont conquis le Festival d’Avignon en obtenant le Prix du public, La Virgule clôt cette saison anniversaire avec poésie, finesse, légèreté et humour. Comme ils le disent eux-mêmes, les Rois vagabonds sont acteurs, musiciens, acrobates, mimes, mais c’est le public qui les fait clowns. Avec le prétexte simple d’entrer sur scène pour y jouer un concerto, ils peuvent laisser libre cours à l’imagination. Tout devient alors possible, l’intellect peut céder la place à l’émotion. Mime, acrobaties, musique, quelques mots à peine. Dans une complicité charmante, ce duo clown-clownesse parle un langage universel. On est surpris, on s’émerveille, on rit, on est ému.

Des coussins de velours rouge sous un lustre d’opéra. On est au spectacle chez Les Rois Vagabonds. Un drôle de couple. Sur leur affiche, ils s’en vont avec, pour tout bagage, un violon et un vieux tuba. Et on a envie de les suivre.

Elle, Julia Moa Caprez, est violoniste classique et danseuse. Elle a roulé sa bosse dans les compagnies, de Zurich à Amsterdam, de Los Angeles à Buenos Aires. Lui, Igor Sellem, a fait de la physique fondamentale, escaladé falaises et sommets avec les meilleurs grimpeurs du monde. Trompettiste, il a écumé la Bretagne en fanfare.

Ils se sont trouvés clowns.

Les Rois Vagabonds, clowns traditionnels ou nouveaux clowns ? Avant tout « poètes en action » selon la belle formule d’Henry Miller. Ils nous mettent des ailes pour parcourir avec eux un bout de notre chemin d’humanité. Car les clowns ne jouent pas la comédie. S’ils ont un nez rouge ou un masque blanc et des habits extravagants, c’est pour mieux se mettre à nu.

Ces deux là entrent en scène avec leurs instruments de musique, partenaires de jeu, porte voix de leurs émois. Et deux caisses qui deviennent tour à tour podium, navire au long cour, prison d’une Belle au Bois dormant, chrysalide. Artistes complets, ces deux vagabonds se jouent avec aisance des frontières entre les disciplines. Clowns, leur créativité se nourrit de tous les contacts humains. Aller à la rencontre des publics les plus différents est, pour eux, une exigence artistique.

Les Rois Vagabonds sont nés de la rencontre entre Julia Moa Caprez et Igor Sellem. Leur bagage éclectique qui va de l’acrobatie à la musique, de la danse au théâtre gestuel, a fait naître un désir commun d’explorer l’art du clown. Depuis 2008, ils développent l’histoire de leur duo à travers la recherche d’un langage universel, sans parole. Et ils s’inscrivent dans la tradition des clowns qui, tels les emblématiques Grock, Buffo ou Slava, font évoluer leur spectacle tout au long de leur vie.

« Nous sommes musiciens, acrobates, mimes, mais c’est le public qui nous fait clowns. Les clowns que nous sommes n’ont de cesse de faire tomber ce qu’au théâtre on appelle le quatrième mur. Dans l’écriture même de notre spectacle le public est présent comme partenaire, comme guide, comme moteur de certaines de nos actions. On dit parfois que le clown danse avec le public… Chaque soir se construit une nouvelle histoire d’amour avec les spectateurs comme une invitation à reconnaître dans l’autre le reflet de soi-même. » Les Rois Vagabonds

À partir de 8,00 €

+ frais de loc.